Le Journal du Médecin poursuit sa série... sur la vision des présidents de parti de l’accord fédéral sur les soins de santé, c’est autour de Charles Michel de répondre aux questions. Le président du MR revient sur un aspect, qui selon lui, n’a pas été assez mis en avant : « Grâce à cet accord, on garde les mêmes types de remboursement au sud et au nord du pays. Les médecins, de Bruxelles et d’ailleurs, ne doivent pas remplir des documents complètement différents suivant les patients qu’ils soignent. Ce n’était pas un aspect si évident… lorsque la crise faisait craindre l’éclatement. Par ailleurs, avec l’accord institutionnel, on va intensifier l’aide aux personnes via les Communautés. »

Pour lui, le plus important reste l’utilisation de tous les moyens : « Le budget sera en phase avec la réalité des dépenses. Evidemment, des économies ont été faites…mais on a épargné au mieux les patients. On poursuivra le travail d’amélioration des soins de santé en concertation avec les médecins et les autres acteurs de la santé. Au MR, nous avons toujours accordé une grande attention au secteur médical. C’est essentiel pour garder une santé de qualité pour l’ensemble de la population. On est, en outre, très attaché à la liberté thérapeutique. Le sénateur et médecin, Jacques Brotchi a réalisé d’ailleurs un important travail en la matière. »
Charles Michel est conscient que les médecins font aussi des efforts : « Je salue le travail et les sacrifices qui ont été faits dans le cadre de l’accord médico-mutuelle. Cela permet aussi de stabiliser le modèle social. »
Avec la nouvelle réforme institutionnelle, le président du MR est conscient que les médecins et les acteurs de la santé sont parfois perdus dans tous les transferts de compétence : « En santé, comme dans d’autres domaines, on va devoir faire preuve de pédagogie. Je me rends déjà souvent sur le terrain pour expliquer ce que cet accord changera concrètement pour les gens. Nous sommes à la disposition de tous les acteurs de la santé. On expliquera comment cet accord va faire évoluer leur pratique quotidienne. »
Au cœur du débat, l’avenir du Numerus clausus a mis de la tension autour de la table fédérale : « On a beaucoup bataillé sur les numéros Inami à la table des négociations. Il faudra une évolution. Tant au Nord qu’au Sud, les acteurs politiques en sont conscients. Un assouplissement est indispensable » souligne Charles Michel qui pourfend le débat francophone sur les études de médecine : « Je reste favorable à un examen d’entrée. M. Brotchi a défendu cette ligne contre le texte du ministre Jean-Claude Marcourt. Je déplore que certains partis tiennent un double langage en la matière. »
Enfin, il attend toujours un vrai cadastre des médecins : « Je sais qu’un travail a déjà été réalisé en la matière, mais c’est insuffisant. Il est urgent d’avoir un vrai cadastre des médecins qui travaillent à soigner les gens dans ce pays. Ce sera la seule solution pour avoir un impact objectif sur l’avenir des numéros Inami. Vouloir ce cadastre, ce n’est pas une position idéologique. Je veux que tous les acteurs politiques se rendent compte que la société a évolué ces dernières années. Certains médecins veulent travailler moins. D’autres ne veulent plus être au contact des patients. Je le respecte. Notre travail est toutefois d’être certain qu’il y aura assez de médecins pour tout le monde.»
Dans ce contexte, il est favorable à une évolution des gardes des médecins : « On défend notamment les projets dans certaines communes de mettre en place des taxis sociaux qui conduisent les patients chez le médecin. »
Il garde aussi toute sa confiance dans les médecins pour le dépistage du cancer du sein : « Le médecin généraliste doit vraiment être au centre du dispositif. C’est un dépistage qui devrait sans doute être aussi mieux développé localement. On peut encore mieux le cibler, le personnaliser. Seule la proximité peut permettre d’améliorer le taux dépistage. On doit aussi tenir compte d’un aspect générationnel. Je sens que les femmes évoluent face à cette maladie et à son dépistage. »
A Wavre justement, Charles Michel mise sur la santé au niveau local : « J’ai une échevine de la santé. Des études, au niveau mondial, montre une amélioration de la santé de la population d’une ville lorsque l’on mène une politique locale de la santé. On voit déjà les premiers effets après 4 à 5 ans. » A bon entendeur…
Vincent Lievin