Quand et où avez vous mal? Comment vous soulagez-vous? Pour 2,9 millions de Belges, la douleur est depuis longtemps un compagnon de tous les jours, raison pour laquelle on l'appelle « douleur chronique ». Cette douleur présente non seulement de nombreuses facettes, mais aussi de nombreuses causes (arthrose, rhumatisme, douleurs diffuses comme la fibromyalgie). Les examens réalisés pour évaluer la douleur ne mettent souvent en évidence que peu ou pas de lésion tissulaire (la douleur est toujours subjective et invisible sur les radiographies), ce qui occasionne des malentendus entre patients et médecins, et cela entraine des impasses thérapeutiques.
Afin de mieux cibler les besoins des patients belges qui souffrent de douleurs chroniques sévères et d’optimiser le traitement, des médecins généralistes et spécialistes belges, soutenus par des associations de patients belges et l’EFIC (Fédération européenne des Sections locales de l’Association internationale de l’Etude de la Douleur), ont constitué un groupe de réflexion sur une campagne européenne « CHANGE PAIN ».
La douleur chronique peut avoir un impact énorme sur la qualité de vie et le fonctionnement quotidien du patient : outre la douleur ressentie, elle peut entraîner un retrait de la vie professionnelle, une baisse de la mobilité, des troubles du sommeil, de l'angoisse, des contacts sociaux restreints, de la dépression. A cela viennent s’ajouter les dépenses liées entre autres aux consultations et au traitement de cette douleur qui constituent une part importante des coûts totaux des soins de santé belges. Selon le Professeur Bart Morlion, de la KU Leuven, un changement dans la prise en charge de ces patients pourra aider ces derniers à mieux gérer leur douleur. Le Professeur Morlion s’investit, avec des experts de différentes disciplines, dans la mise sur pied de la campagne européenne CHANGE PAIN en Belgique : « La campagne CHANGE PAIN a été initiée par un groupe international d’experts en vue d’améliorer le traitement de la douleur chronique sévère en Europe en ciblant 3 axes d'amélioration : encourager la communication entre le médecin et le patient, mieux comprendre les mécanismes sous-jacents de la douleur afin de cibler le traitement médicamenteux et briser le cercle vicieux d'un traitement médicamenteux mal adapté. La prévalence de la douleur chronique est élevée en Belgique. De plus, les douleurs chroniques ont des conséquences importantes sur la qualité de vie des patients et entrainent des dépenses financières. Il est donc important que la compagne européenne CHANGE PAIN se concrétise par des améliorations dans la prise en charge de la douleur chronique dans notre pays», explique le Prof. Bart Morlion.




