Plus de 20% des Françaises âgées de 16 à 60 ans n'ont pas profité d'un suivi gynécologique depuis au moins deux ans, chiffre qui grimpe même à plus de cinq ans pour 6% d'entre elles. Pire, 6% n'ont même jamais bénéficié de ce type de suivi médical, selon une étude réalisée par OpinionWay pour les mutuelles LMDE et MGEN. Ce sondage révèle également que près d'une femme sur cinq n'a pas réalisé de frottis depuis plus de cinq ans ou n'en a jamais fait. (source: le parisien.fr)
La LMDE, mutuelle nationale étudiante, et la MGEN, Mutuelle générale de l'Education nationale, ont lancé mardi un appel aux pouvoirs publics pour les alerter "sur le recul de l'accès à la contraception et à l'avortement".
Soutenu par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français et la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale, cet appel été signé par de plusieurs personnalités publiques, dont la philosophe Elisabeth Badinter, l'actrice Isabelle Carré, l'essayiste Caroline Fourest, l'avocate Gisèle Halimi ou le gynécologue Israël Nisand.
"De trop nombreux centres de planification ferment, les interruptions volontaires de grossesse (IVG) concernent de plus en plus les jeunes filles, l'assurance-maladie prend insuffisamment en charge les contraceptifs, l'éducation sexuelle n'est que trop rarement enseignée à l'école", déplorent les deux mutuelles.
"Il y a des droits mais la question de l'accès réel aux droits demeure posée", a déploré Thierry Beaudet, président de la MGEN.
"15.000 IVG par an chez les mineures et 100.000 chez les moins de 25 ans, ce sont de mauvais résultats pour notre pays", a de son côté souligné le professeur Nisand, qui doit remettre prochainement au gouvernement un rapport sur la contraception et l'avortement des jeunes filles.
"Le politique a pris le pas sur la santé", a aussi regretté M. Nisand, pour qui "on hésite à prendre des décisions qui s'imposent comme la gratuité et la confidentialité pour la contraception".


