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dimanche 9 octobre 2011

Cancer du sein : dépistage avant 50 ans?

Le dépistage du cancer du sein est aujourd'hui recommandé à partir de 50 ans, mais il est une réalité pour une femme sur deux entre 40 et 50 ans : pour les spécialistes, il s'agit de bien peser le pour et le contre avant d'envisager un dépistage systématique pour les quadragénaires.
Les cancers du sein entre 40 et 50 ans représentent 16,5% de l'ensemble des cancers du sein, a précisé le Dr Marc Espié (hôpital Saint-Louis), lors d'un colloque organisé par les Comités féminins pour la prévention et le dépistage des cancers.

Dans notre pays, de très nombreuses femmes sont concernées par ces cancers. 3 cancers du sein sur 4 se manifestent chez des femmes de 50 ans et plus. Près de 9.500 nouveaux cas de cancer du sein sont diagnostiqués chaque année en Belgique. Une femme sur dix environ aura un cancer du sein avant l'âge de 75 ans.


En France, le dépistage organisé -invitation à réaliser une mammographie tous les deux ans entre 50 et 74 ans- est régulièrement remis en question.
Au niveau individuel, il peut rassurer à tort (un cancer dit "de l'intervalle" peut se déclarer entre deux mammographies), ou au contraire inquiéter à tort, révélant des lésions qui seraient restées silencieuses. Mais son intérêt se mesure en termes de santé publique, par une réduction de la mortalité et une réduction des coûts pour la société.
Faut-il l'étendre aux quadragénaires, dès lors que près de la moitié des femmes entre 40 et et 49 ans a déjà eu une mammographie ?
Pour le professeur d'économie de la santé Jean-Paul Moatti, le problème du rapport coût/efficacité est secondaire, parce qu'on resterait dans des ordres de grandeur "raisonnables".
"L'essentiel du choix social est autour des conséquences négatives du dépistage", estime-t-il, mettant en garde contre "un raisonnement en blanc ou noir".


La psychologue et psychanalyste Natacha Espié souligne que l'invitation au dépistage "rappelle aux femmes que le cancer du sein est une réalité" et qu'on ne peut pas exclure l'angoisse. Elle témoigne également d'une "pensée quasi-magique" chez certaines femmes, qui s'attendent à tort à ce que le dépistage leur évite le cancer.
Plus terre à terre, le Dr Anne Tardivon (Institut Curie) explique que les femmes plus jeunes avaient généralement des seins plus denses, plus hétérogènes, soumis à des variations en raison des cycles hormonaux. Autant de facteurs qui augmentent le risque de "manquer un cancer" ou au contraire d'en diagnostiquer à tort.
L'évolution des cancers chez les femmes jeunes est aussi plus rapide, soulevant la question du délai entre deux mammographies.
Se pose par ailleurs le délicat problème du risque de cancer causé par les radiations (radio-induit). L'examen de référence pour le dépistage du cancer du sein, répété à intervalles régulier, est aujourd'hui la mammographie, qui utilise des rayons X.
Le sein est l'un des organes les plus radiosensibles, et plus on irradie jeune, plus le risque de cancer radio-induit est important, explique le Dr Catherine Colin (Hospices civils de Lyon). "A priori, après 50 ans, on est tranquille", indique-t-elle, mais entre 40 et 45 ans, "les études ne tranchent pas".
Sur 24 pays qui ont un programme national de dépistage, 5 ont fixé le seuil dès 40 ans, deux à 45 ans. En Grande-Bretagne, il va être abaissé de 50 à 47 ans.
"Il n'existe pas d'éléments justifiant une extension du programme de dépistage généralisé", tranche la présidente de l'Institut national du cancer (INCa) Agnès Buzyn.
En revanche, "la question se pose d'un dépistage plus ciblé en fonction des facteurs de risque individuels" (antécédent familial, tabagisme, surpoids...).
"Nous sommes prudents pour l'instant", ajoute-t-elle.
Pour les femmes porteuses d'une mutation génétique associée à un haut risque de développer un cancer du sein, la question ne se pose pas. Pour elles, c'est une surveillance annuelle, dès 30 ans, associant mammographie, échographie et IRM, qui est recommandée. (source: afp)

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