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lundi 23 janvier 2012

Quelle est "la force" de votre douleur?

Quand et où avez vous mal? Comment vous soulagez-vous? Pour 2,9 millions de Belges, la douleur est depuis longtemps un compagnon de tous les jours, raison pour laquelle on l'appelle « douleur chronique ». Cette douleur présente non seulement de nombreuses facettes, mais aussi de nombreuses causes (arthrose, rhumatisme, douleurs diffuses comme la fibromyalgie).  Les examens réalisés pour évaluer la douleur ne mettent souvent en évidence que peu ou pas de lésion tissulaire (la douleur est toujours subjective et invisible sur les radiographies), ce qui occasionne des malentendus entre patients et médecins, et cela entraine des impasses thérapeutiques.
Afin de mieux cibler les besoins des patients belges qui souffrent de douleurs chroniques sévères et d’optimiser le traitement, des médecins généralistes et spécialistes belges, soutenus par des associations de patients belges et l’EFIC (Fédération européenne des Sections locales de l’Association internationale de l’Etude de la Douleur), ont constitué un groupe de réflexion sur une campagne européenne « CHANGE PAIN ».





La douleur chronique peut avoir un impact énorme sur la qualité de vie et le fonctionnement quotidien du patient : outre la douleur ressentie, elle peut entraîner  un retrait de la vie professionnelle, une baisse de la mobilité, des troubles du sommeil, de l'angoisse, des contacts sociaux restreints, de la dépression. A cela viennent s’ajouter les dépenses liées entre autres aux consultations et au traitement de cette douleur qui constituent une part importante des coûts totaux des soins de santé belges. Selon le Professeur Bart Morlion, de la KU Leuven, un changement dans la prise en charge de ces patients pourra aider ces derniers à mieux gérer leur douleur. Le Professeur Morlion s’investit, avec des experts de différentes disciplines, dans la mise sur pied de la campagne européenne CHANGE PAIN en Belgique : « La campagne CHANGE PAIN a été initiée par un groupe international d’experts en vue d’améliorer le traitement de la douleur chronique sévère en Europe en ciblant 3 axes d'amélioration : encourager la communication entre le médecin et le patient, mieux comprendre les mécanismes sous-jacents de la douleur afin de cibler le traitement médicamenteux et briser le cercle vicieux d'un traitement médicamenteux mal adapté. La prévalence de la douleur chronique est élevée en Belgique. De plus, les douleurs chroniques ont des conséquences importantes sur la qualité de vie des patients et entrainent des dépenses financières. Il est donc important que la compagne européenne CHANGE PAIN se concrétise par des améliorations dans la prise en charge de la douleur chronique dans notre pays», explique le Prof. Bart Morlion.







PISTES D’ACTIONS POUR AMELIORER LE TRAITEMENT DE LA DOULEUR CHRONIQUE.


1. Encourager la communication entre le médecin et le patient
Plusieurs études mettent en avant la difficulté pour le médecin d'estimer l'impact de la douleur chronique chez ses patients.  Il existe également des discordances entre attentes et objectifs des patients et ceux des soignants.  Pourtant, une clarification avec les patients sur des objectifs réalistes à atteindre améliorerait la relation thérapeutique et éviterait ainsi des déceptions multiples.

Echelle :

-          une échelle de l'objectif de traitement  niveau de douleur acceptable pour le patient (0 = aucune douleur et 10 = la douleur la plus insupportable

-          Une échelle de l’amélioration de la qualité de vie : sommeil, activités quotidiennes, activité professionnelle, contacts sociaux, humeur, effets secondaires des médicaments. L'évaluation est : aucune amélioration nécessaire, quelques améliorations nécessaires ou de nombreuses améliorations nécessaires.


Le journal des patients CHANGE PAIN complète l’échelle CHANGE PAIN. Cet outil permet, tant au patient qu’au médecin, de suivre l'évolution de la situation, car le patient y note chaque jour non seulement l’intensité et la fréquence de la douleur, mais aussi son impact sur sa vie quotidienne (aspects de la qualité de vie). Le patient indique aussi dans son journal les médicaments pris en plus des médicaments prescrits et les traitements non pharmacologiques suivis (ex. kinésithérapie).  Le médecin en tiendra compte pour éviter toute interaction néfaste.

En Belgique, l’échelle CHANGE PAIN et le journal des patients CHANGE PAIN ont été distribués gratuitement à plus de 2 000 généralistes et spécialistes. Ces outils peuvent également être commandés via info@grunenthal.com


2. Mieux comprendre les mécanismes sous-jacents de la douleur afin de cibler le traitement médicamenteux.
 « En Belgique, nous constatons de grandes différences dans la consommation d’analgésiques et nous remarquons aussi clairement l’urgence d’une amélioration des connaissances de la douleur chronique sévère pour mieux traiter les patients », explique Johan Touné, secrétaire de la Vlaamse PijnLiga. Une constatation que confirme Nadine Chard’homme (Cliniques Saint Luc, centre de douleurs et Focus Fibromyalgie): « Une meilleure compréhension des mécanismes de la douleur et des principes pharmacologiques aidera les médecins belges à mieux évaluer la douleur et à proposer un traitement encore plus efficace des patients souffrant de douleurs sévères. En plus de l’intensité de la douleur de toutes ces dimensions, l’approche biopsychosociale centrée sur le patient est également un élément important dans la prise en charge des patients. »  Ces deux interlocuteurs s’enthousiasment également pour le développement d’un programme pédagogique par l’équipe CHANGE PAIN à destination des généralistes et des spécialistes. Ce programme repose sur les trois axes d'amélioration de la prise en charge de la douleur. Il comprend notamment plusieurs modules d'e-learning (via www.change-pain.be), des réunions éducatives, des newsletters et des publications scientifiques.

3. Briser le cercle vicieux d'un traitement médicamenteux mal adapté
Le programme pédagogique ainsi que l’échelle et le journal CHANGE PAIN ont également pour objectif d’aider les médecins à trouver le meilleur équilibre entre une analgésie suffisante et une tolérance des effets secondaires acceptable pour le patient. Un déséquilibre entre effets bénéfiques et effets secondaires d'un médicament engendre trop souvent une faible adhésion thérapeutique ou même l'arrêt complet du traitement.

LE COMITE BELGE "CHANGE PAIN" EVALUE L'IMPACT DE CETTE INITIATIVE AU NIVEAU NATIONAL
L’équipe belge CHANGE PAIN, sous la direction du Professeur Bart Morlion, mesure  l’impact de cette initiative via les trois premiers objectifs, déterminés lors du lancement du projet :

1.      qu'un nombre de médecins (en fonction de leur spécialisation) participent aux réunions pédagogiques et pourraient décider, en concertation avec leur patient, d’utiliser l’échelle CHANGE PAIN et de mettre l’accent en particulier sur minimum une des deux nouvelles échelles (niveau de diminution souhaitée de l’intensité de la douleur, qualité de vie souhaitée) ;
2.      qu'un nombre de ces médecins (en fonction de leur spécialisation) décident d’identifier et/ou de traiter les effets indésirables des médicaments antidouleurs pour briser le cercle vicieux ;
3.      qu'un nombre de ces médecins (en fonction de leur spécialisation) décident d’identifier la présence des mécanismes sous-jacents de la douleur et de choisir le traitement antidouleur en fonction de ces observations. 

Des questionnaires remplis par des médecins ciblés par cette campagne CHANGE PAIN permettront d'évaluer concrètement l'impact de ces initiatives.
Pour des informations plus détaillées sur la campagne CHANGE PAIN, consultez le site belge www.change-pain.be. Pour plus d’informations sur la douleur chronique, consultez la feuille d’information « Campagne CHANGE PAIN – Douleur chronique ».

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